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Nickel - Exploitation et métallurgie

Métallurgie

La première usine de fusion fut contruite en 1877 sur la pointe Chaleix à Nouméa.

doniambo

Actuellement 2 usines métallurgiques produisent et exportent du nickel. L'usine historique est celle de la SLN à Doniambo (Nouméa). La SLN fut créée en 1880. Elle produit par fusion électrique prés de 60 000 tonnes de nickel métal par an contenu dans des ferro-nickels. Deux autres usines ont été construites dans la première décennie du XXI siècle. L'une pyrométallurgique comme l'usine historique, la seconde hydrométallurgique. La totalité de la production exportée a alors été en 2018 aux environs de 115 000 tonnes de nickel contenu dans les produits métallurgiques (ferro-nickels, NiO, Nickel Hydroxide Cake ou NHC). Il s'y ajoutait environ 2000 t/an de cobalt en carbonate depuis 2015. Ces chiffres ont considérablement baissés. La nouvelle usine pyrométallurgique est fermée.

Minerais exportés

Des minerais sont en outre exportés au Japon en Corée et en Chine par la SLN, la SMSP dans le Nord et des exploitants. appelés "petit mineurs" Actuellement c'est environ 100 000 t de nickel et 2000 tonnes de cobalt contenus dans les minerais qui sont exportées annuellement.


Historique.

Depuis le début de l'exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie et jusqu'aux environs de 2015, les exportations de minerais ont été d'environ 3 millions de tonnes de nickel métal contenu. Parallèlement un peu plus de 3 Mt de nickel métal ont été exportés dans des produits métallurgiques. Le tonnage de nickel exporté en produits métallurgiques est donc historiquement équivalent au tonnage métal exporté dans les minerais.

Valorisation

Dans les produits métallurgiques la valorisation du nickel (et en partie du cobalt) est trois à quatre fois supérieure à celle résultant de la vente des minerais.
Le nickel exporté dans les minerais a été payé en moyenne à 23% de la valeur du nickel métal.

Deux types de technologies en métallurgie selon les minerais de nickel latéritiques.

Les garniérites ou plus correctement saprolites sont traîtées par fusion avec réduction par le carbone, c'est de la pyrométallurgie. En Nouvelle-Calédonie les usines SLN de Doniambo (Nouméa) et, avant sa fermeture, de Koniambo Nickel à Vavouto (Koné) utilisent des fours électriques. Les produits sont des ferronickels contenant 20% à 30 % de Nickel métal. Le cobalt n'est pas valorisé. La Chine produit aussi des fontes contenant du nickel dans des hauts fourneaux (4 à 6% de Ni) et dans des fours électriques (15% Ni).

Les latérites ou plus correctement limonites sont traîtées par des agents chimiques (acide sulfurique en général, ammoniaque dans une usine en Australie) opérant une dissolution sélective du nickel et du cobalt. C'est de l'hydrométallurgie laquelle est utilisée pour l'usine de Goro dans le Sud. Les produits sont en général de l'oxyde et hydroxyde de nickel et du carbonate de cobalt. Leurs valeurs sont proches de celles des métaux purs.

Les nouvelles usines métallurgiques en Nouvelle-Calédonie et leurs déboires

La première, située dans le sud, à Goro, produit du nickel et du cobalt à partir de limonites qui sont la ressource d'avenir de la Nouvelle-Calédonie. Sa construction a débuté en 2002. Elle a été interrompue en 2003 mais a repris fin 2004 et a été achevée en 2009. Le procédé hydrométallurgique retenu utilise l'acide sulfurique. Après mise en solution dans cet acide à une température de 270° sous pression de 60 bars, le nickel et le cobalt sont séparés par des solvants organiques. Les effluents acides sont ensuite neutralisés avec de la chaux. Les produits finis sont l'oxyde de nickel et du carbonate de cobalt. L'usine a une capacité de production annuelle de 60 000 t de Nickel métal et de 5 000 t de Cobalt métal contenus dans les produits finis. En 2018 la production a approché 30 000 t de Ni et de 2 000 t de cobalt. La production de cobalt est un atout important avec le développemnt des véhicules électriquesest . Malgrè celà l'usine a connu des difficultés techiques auxquellles se sont ajoutés des évènements politiques qui font qu'elle n'a jamais atteint une production suffisante. En outre l'usine a été fermée une grande partie de 2024 et a peu produit. Le propriétaire Vale s'est retiré aprés avoir vainement cherché à vendre et c'est l'Etat Français qui est actuellement le principal actionnaire avec 74 % des parts via une fiducie, condition liée à des prêts accordés à Prony Resources en 2024 et 2025 pour soutenir le site. Le coût de l'électricité produit dans une centrale à charbon est aussi un des facteurs pénalisant la rentabilité. Une centrale solaire est en construction pour la remplacer. Malgrè ses grandes difficultés cette usine a l'avantage de produire du nickel et du cobalt "battery grades" et d'être établie sur un gisement de taille mondiale de limonites particulièrement riches permettant en théorie une exploitation à très long terme. 

La seconde a été construite dans le Nord à Vavouto près de Koné. Comme pour Doniambo  le traitement métallurgique est la fusion électrique avec production de ferronickels. La production n'a jamais atteint la capacité théorique de l'usine qui a cessé définitivement sa production le 31 août 2024, marquant la fin d'une longue période de difficultés et de tentatives de redressement. La fermeture complète de l'usine, après des années de ralentissement et de tensions, a été officialisée fin août 2024.  

Le problème grave de la compétitivité de la métallurgie Calédonienne.

La métallurgie en Nouvelle Calédonie est handicapée par des coûts élevés de main d'oeuvres et par la nécessité d'importer le plus grande part de l'énergie sous forme de combustibles fossiles. C'est un environnement qui s'avère fatal lorsque des difficultés techniques et  pire des évènements politiques, résultent en une insuffisance de production notamment pour de nouvelles usines qui ont à amortir des coûts élevés d'investissement. Il s'y ajoute pour l'usine historique de Doniambo, la seule à produire normalement, la baisse inéluectable des teneurs des minerais garniéritiques qui augmente mécaniquement et de façon croissante son coût de production.

L'industrie métallurgique calédonienne n'est plus compétitive notamment face aux industries indonésiennes et chinoise. Seul le développement d'une production suffisante d'énergie renouvelable (solaire et éolien) pourrait la sauver et plus particulièrement sa filière pyrométallurgique. Il est peut être déjà trop tard.